Les défis du système scolaire québécois face à la pandémie de COVID-19

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Depuis près d’un an, nous avons été capables de mettre le doigt sur plusieurs libertés civiles canadiennes ayant été secouées par les ardeurs de la pandémie de COVID-19 à travers le pays. Notamment, nous avons mis en lumière des atteintes au droit à la vie, à la sécurité et à la liberté, au droit au logement, au droit à l’égalité et au droit à la liberté de religion et à la liberté d’expression, pour n’en nommer que quelques-uns.

 

Or, un droit fondamental semble être passé sous le radar de plusieurs analyses et critiques des derniers mois, soit le droit à l’éducation. Après avoir été mis en suspens le printemps dernier, un équilibre entre le droit à la santé et le droit à l’éducation semble dorénavant s’être rétabli au Québec. Depuis la rentrée automnale, les écoles québécoises s’adaptent coûte que coûte aux différentes épreuves et menaces de la pandémie, et ce, même si un nombre grandissant de cas dans les écoles est recensé par la Santé publique. En effet, à la fin du mois de janvier, soit quelques jours après le retour du congé des fêtes, 149 cas de COVID-19 étaient recensés quotidiennement chez les moins de 10 ans. Pour les jeunes entre 10 à 19 ans, ce nombre s’élevait à 166, selon des données de l’Institut national de santé publique du Québec.

 

Alors que les écoles semblent être complètement opérationnelles actuellement, l’émergence de nouvelles données nous démontre maintenant que malgré les efforts du gouvernement pour adapter le système d’éducation québécois aux circonstances sans précédent de la pandémie et aux besoins urgents des élèves, plusieurs défis d’envergure font surface et devront être menés de front d’ici la fin de l’année scolaire.  

 

En effet, de nombreux articles parus au début du mois de février font état d’un taux d’échec important chez les élèves québécois. Un article publié par Radio-Canada annonce d’emblée une statistique brutale, soit que le quart des élèves de la 2e à la 5e secondaire se trouve en situation d’échec en mathématiques, selon des chiffres préliminaires. Ce recensement fait également état d’un taux d’échec de 20% en français parmi les élèves du secondaire, tous niveaux confondus. 

 

Plus précisément, le gouvernement québécois affirme que 23.2% des élèves de 4e secondaire échouent leur cours de mathématiques à l’heure actuelle selon La Presse. À pareille date l’année passée, ce taux était 4.2% moins élevé. Toujours en mathématiques, les élèves de 3e secondaire ont quant à eux un taux d’échec de 25.6%, ce qui représente une augmentation de 3% comparativement à l’année dernière. Selon ces mêmes données, 18.8% des élèves de troisième secondaire sont en situation d’échec en français, soit un taux 1.9% plus élevé que l’année précédente. En cinquième secondaire, une augmentation de 1.7% du taux d’échec est recensée pour le cours de français. 

 

Des experts attribuent ce bond dans les taux d’échec au remaniement du programme scolaire par le Ministère de l’Éducation. En effet, le Ministre Jean-François Roberge a pris la décision de n’attribuer que deux bulletins aux élèves, au lieu de trois. En conférence de presse, il a fait l’annonce que le premier bulletin, remis après le congé des fêtes, vaut maintenant 35% de l’année scolaire, alors que le deuxième et dernier bulletin, qui doit être remis en juin, aura dorénavant une pondération de 65%. Ainsi, une hypothèse soulève que cela aurait fait en sorte que les élèves auraient accumulé un retard dans leur apprentissage à cause de la réorganisation du programme éducatif due à la crise sanitaire. C’est notamment l’opinion de Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement (FQDE).

 

Rappelons que depuis le début de l’année scolaire, les élèves du deuxième cycle du secondaire, soit de 3e, 4e et 5e secondaire, suivent leurs cours à distance une journée sur deux. Les élèves du premier cycle du secondaire ainsi que ceux du primaire sont quant à eux présents quotidiennement dans les écoles québécoises.

 

Pour contrer ces disparités apparentes, le gouvernement du Québec souhaite mettre en place une plateforme virtuelle de tutorat en guise de ressource supplémentaire pour les élèves en difficultés d’apprentissage. À cet égard, les instances gouvernementales font appel au personnel des centres de sevices scolaires, aux retraités de l’éducation ainsi qu’aux étudiants collégiaux et universitaires. Ce service sera gratuit pour les élèves et leurs parents.

 

À la suite de ces nouvelles données alarmantes, plusieurs questions se posent quant à la protection du droit à l’éducation au Québec. Quelles seront les mesures de rattrapage concrètes mises en place pour les élèves en situation d’échec à la fin de l’année scolaire? Qu’en est-il de ceux qui gradueront en juin et qui poursuiveront leurs études au cégep avec un retard marqué? Et de plus, qu’advient-il des élèves aux études supérieures? En l’absence d’un suivi étroit et de mesures concrètes annoncées par le gouvernement, il faut néanmoins admettre que le droit à la santé et le droit à l’éducation sont difficiles à concilier en présence d’une crise sanitaire de cette ampleur. Or, les chiffres dont nous venons de faire état doivent être un incitatif urgent à faire bouger les choses. Un pas de plus s’avère de la plus grande nécessité pour assurer la réussite et l’épanouissement des jeunes québécois qui entreront bientôt sur le marché du travail.

 

Ce billet de blog a été rédigé par un étudiant de CCLA-PBSC Rights Watch. Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l’ACLC ou de PBSC.

 

This blog post was written by a CCLA-PBSC Rights Watch student. Views expressed do not necessarily reflect the view of the CCLA or PBSC.

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