La réalité de certains jurés : un fardeau lourd à porter

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L’actualité de la province de Terre-Neuve-et-Labrador est malheureusement souvent (surtout quand on pense au fait que la province abrite un peu moins de 520 000 habitants) parsemée de crimes lugubres et des suivis de procès tristement célèbres pour la nature violente et inquiétante des crimes qui y ont menés. Dernièrement, la journaliste Ariana Kelland ne s’est pas intéressée au déroulement comme tel de ces procès ni au respect des libertés civiles des suspects et des victimes, mais plutôt aux conditions dans lesquelles les membres du juré sont laissés après avoir remplient leur devoir. Elle a plus particulièrement porté son attention sur les affaires Brandon Phillips et Anne Norris, un cas qui ne cesse de faire les manchettes pour sa complexité et sa violence inimaginable.

Les membres du juré doivent suivre toutes les étapes du procès, regarder avec minutie les photos et les vidéos, entendre des enregistrements troublants et des témoins sous le choc, etc. La charge émotionnelle de ce devoir civil est mal comprise à la fois par le système et par les gens qui sont appelés à exercer ce devoir.

Selon Christopher Bruce, un juré dans l’affaire Philip Pynn et de Lyndon Butler , il y a une sorte de douleur unique et méconnue dans la répétition et la méthodologie du processus légal. On peut facilement comprendre que de voir jour après jour des séries de preuves dignes de nos pires cauchemars a quelque chose à la fois de déshumanisant et de traumatisant.

De plus, il n’existe aucun service de soutien pour les jurés à Terre-Neuve-et-Labrador une fois le procès terminé. Ces citoyens ordinaires, souvent épuisés psychologiquement et émotionnellement et parfois victime de choc post-traumatique, sont laissés à eux-mêmes. C’est à se demander quelle valeur est vraiment accordée aux gens qui font leur devoir de citoyen pour le gouvernement? Le jeu en vaut-il la chandelle? Le gouvernement n’a-t-il pas le devoir d’accompagner ces citoyens dans leur cheminement post-procès? Selon Michael Spratt, un associé du cabinet d’avocats spécialisé en droit criminel Abergel Goldstein & Partners à Ottawa, on devrait instauré un système cohérent dans tout le Canada de thérapies et de conseils gratuits pour les jurés tout en s’assurant que ceux-ci ne sont pas affectés financièrement ni par le procès lui-même ni par le processus de guérison après. La valeur du service que les jurés offrent à la nation en faisant leur devoir de citoyen ne devrait pas être négligée par le gouvernement.

Vous pouvez consulter l’article de référence ici.

Le présent billet de blogue a été rédigé par une étudiante participant au projet de Veille sur les droits de ACLC et de PBSC. Les vues qui y sont exprimées ne sont pas forcément celles de l’ACLC ou de PBSC.

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