L’affaire Abdoul Abdi, comme les autres

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Dans une récente visite en Nouvelle-Écosse, le premier ministre Justin Trudeau a dû répondre à une question concernant la déportation du Somalien réfugié Abdoul Abdi.  La question était posée par la sœur du contrevenant.

Il est possible de visionner la question et la réponse ici.

Abdoul Abdi est arrivé à titre de réfugié en Nouvelle-Écosse à l’âge de 6 ans. Il est arrivé au Canada 2 ans après la mort de sa mère et s’est rapidement vu placé sous le régime de tutelle des autorités provinciales néo-écossaises pour vivre par la suite dans 31 différents foyers entre l’âge de 6 et 19 ans.

En 2014, le jeune homme a été confronté à une situation problématique et a plaidé coupable à quatre chefs d’accusation ;

  • Voies de fait grave
  • Vol d’un véhicule motorisé
  • Conduite dangereuse
  • Voies de fait contre un policier avec un véhicule

 

Pour ses actions, alors qu’il se trouvait sans le statut de citoyen, Abdoul Abdi pourrait faire face à l’expulsion et au renvoi en Somalie.  La clinique de réfugiés d’Halifax (Halifax Refugee Clinic) aurait statué qu’un tel renvoi serait un véritable risque pour la sécurité de M Abdi.

Le droit à la sécurité est garanti aux Canadiens selon l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés qui est écrit comme suit ;

« Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale. »

L’entrave au droit à la liberté dû à l’emprisonnement subit par Abdoul Abdi est sensée avoir été justifiée conformément aux principes de justice fondamentale lors de son procès.  Dans la situation actuelle,  si le risque d’atteinte à la sécurité d’Abdoul Abdi est bien démontré, est réel et significatif, le gouvernement canadien devra fournir une justification à l’atteinte à la sécurité. Par contre le fait que M Abdi ne soit pas citoyen canadien vient grandement influencer la situation.

Le premier ministre en répondant à la question en a profité pour rappeler les fondements de la justice canadienne sur l’égalité de tous devant la loi de l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés et à rappeler à la sœur M Abdi que le cas de son frère sera jugé individuellement et avec autant d’empathie que se doit la justice canadienne en fonction de chacun des cas se trouvant devant le système judiciaire du pays.

Abdi est actuellement en maison de transition en région de Toronto encore en attente de l’audience relative à son expulsion qui ne s’est pas encore vue attribuer une date.

Ce billet a été écrit par un étudiant ACLC-PBSC. Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l’ACLC ou PBSC.

About the Author

Gabriel Morin
Je viens de la région de Québec. Je suis actuellement en première année de droit civil à l’université d’Ottawa. Les libertés civiles sont un sujet important de notre actualité, laissez-moi vous faire savoir ce que j'en pense.