L’utilisation des réseaux sociaux dans le processus d’embauche

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Le commissaire à l’information et à la vie privée de Terre-Neuve-et-Labrador, Donovan Molloy a récemment émis un conseil à la population qui en a surpris plusieurs. En effet, il a mis en garde les employeurs d’organismes publics contre l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter dans leur processus d’embauche.

Nous nous serions seulement attendu à un conseil informant les citoyens des risques de publier des commentaires et des photos de façon publique dans des médias sociaux afin de protéger leur vie privée, mais dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, le Access to information and protection of privacy act, une loi provinciale encadrant l’utilisation de l’information confidentielle ou personnelle, énonce que les organismes publics doivent aller chercher les informations dont ils ont besoin pour engager une nouvelle personne directement à la source, c’est -à-dire qu’ils doivent obligatoirement poser leurs questions à la personne et qu’ils ne peuvent pas se fier aux réseaux sociaux, à moins de circonstances exceptionnelles. Ce genre de collecte d’informations doit être directe, ou si elle est indirecte, elle doit être expressément autorisée par la personne concernée.

Il est certain que si l’employeur accède à la page Facebook d’un candidat pour un emploi et qu’il y voit toutes sortes de photos compromettantes impliquant de l’alcool ou des drogues, l’employeur aurait tendance à envisager un nouveau postulant, mais en plus, lorsqu’il y a des chances que l’employeur découvre par exemple que la personne est en fauteuil roulant ou qu’elle est en train d’essayer de fonder une famille, la petite visite de routine sur Facebook  risque de faire tomber l’employeur dans un contexte de discrimination illégale. Molloy a aussi prévenu les 70% des employeurs qui utilisent cette technique de pêche d’informations de ne pas penser que celle-ci restera indéfiniment dans le confort du secret. Si une personne croit raisonnablement qu’elle a été victime de discrimination dans l’embauche par cette méthode, elle peut faire une plainte à la commission et cette dernière a le pouvoir de vérifier les soupçons et même de produire des documents.

La morale derrière tout cela? Faites attention à ce que vous publiez sur les médias sociaux et n’allez pas croire que  puisque ces sites sont publics, cela fait en sorte qu’on peut se servir de l’information qu’on y retrouve. Soyez prudent, peu importe que vous soyez le chercheur ou le cherché potentiel.

Le présent billet de blogue a été rédigé par une étudiante participant au projet de Veille sur les droits de ACLC et de PBSC. Les vues qui y sont exprimées ne sont pas forcément celles de l’ACLC ou de PBSC.