Une oeuvre de bienfaisance qui en demande trop

School supplies on blackboard background

Les écoles  faisant partie de la commission scolaire English School District de Terre-Neuve-et-Labrador ne participeront désormais plus à un projet de charité tenu dans le temps des fêtes dirigé par Samaritan’s Purse, une  organisation évangélique non confessionnelle. Ce projet de bienfaisance nommé Operation Christmas Child, c’est-à-dire Opération Enfant de Noël,  consistait à distribuer des boîtes à chaussures vides aux écoles et aux particuliers afin que les gens les remplissent de petits présents, les boîtes étaient par la suite envoyées aux enfants dans le besoin de plus de 150 pays.

Un beau projet qui avait parfois un prix trop élevé à payer. En effet, avant d’accepter la participation des volontaires, Samaritan’s Purse leur demandait de signer une déclaration indiquant qu’il partageait les mêmes valeurs que l’organisme, notamment  par rapport à l’homosexualité et le droit des femmes à l’avortement. Un jeune élève ayant deux parents de même sexe aurait donc été forcé de faire un choix déchirant entre la légitimité de son mode de vie et son désir de faire partie d’un projet qui vient en aide à d’autres enfants avec ses camarades de classe.

Le 25 novembre dernier, les administrateurs de la commission scolaire ont donc dû prendre position en votant, soit pour favoriser de saines relations entre les établissements scolaires et les partenaires caritatifs où soit pour favoriser la distribution de cadeaux aux enfants démunies. Le choix n’a pas dû être facile, mais il faut également considérer que Samaritan’s Purse n’est pas le seul organisme qui donne généreusement dans le temps des fêtes (il ne sera probablement pas trop difficile de trouver un autre projet de charité pour ces écoles) et que maintenant plus que jamais le Canada et ses provinces tentent de démontrer leur ouverture grandissante par rapport à la communauté LGBT+. N’oublions pas le discours d’excuse parsemé d’émotion du premier ministre canadien Justin Trudeau le 28 novembre dernier.

L’administration du Eglish School District demande également aux écoles d’être vigilantes dans leurs recherches d’affiliation avec de futurs organismes de bienfaisance, puisque dorénavant elles devront se fier à leur propre jugement. Ce n’est plus l’État qui les chargera d’un projet particulier.

Les membres du personnel et les étudiants des écoles impliquées ne se sont pas opposés à ce changement de programme. Par contre Tony Stack, le PDG de la commission scolaire, dit avoir reçu beaucoup de commentaire déplaisant, méchant et parfois même explicitement homophobe de la part du public.

Stack reconnaît qu’il est dommage de mettre fin à un projet qui permettait à beaucoup de personnes de s’impliquer et de propager un beau message d’entraide, mais que cela se justifie amplement par le fait qu’il faut rester inclusif et fidèle à ses convictions et principes.

Le présent billet de blogue a été rédigé par une étudiante participant au projet de Veille sur les droits de ACLC et de PBSC. Les vues qui y sont exprimées ne sont pas forcément celles de l’ACLC ou de PBSC.

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