Censure à l’Université Dalhousie

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Récemment l’Université de Dalhousie a été accusée de censure envers un de ses étudiants.

Masuma Khan, faisant partie de la direction du conseil étudiant, a démontré son opposition à la participation de l’association étudiante de l’Université de Dalhousie aux festivités en célébration du 150e  anniversaire du Canada.

En réponse aux réactions d’autres étudiants sur Facebook, réactions allant à l’encontre de son idée de « boycott », l’étudiante a répondu de manière assez crue qu’elle « […] ne voyait pas de raison d’être fière de la colonisation et de célébrer plus de 400 ans de génocide, tout en terminant sa phrase avec le mot-clic ‘’la fragilité blanche’’ ».

Son discours a été dénoncé comme discriminatoire envers les Blancs par une plainte d’un étudiant et a été reçu en vue de sanctions par le comité de discipline de l’université.

L’université a été accusée par l’Ontario Civil Liberties Association d’utiliser son pouvoir de sanction pour réprimer la liberté d’expression politique de ses étudiants qui est contraire aux valeurs fondamentales canadiennes.

Alors, il faut savoir que la Charte canadienne des droits et libertés mentionne dans son premier article que chacune des libertés de la charte ne peut qu’être restreinte par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique. En vertu e l’article 2 b), la liberté de penser, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication est conférée à tous les canadiens.

Par contre, la discrimination est également interdite par l’article 15 de cette même charte par rapport au droits à l’égalité de tous.

Donc, l’utilisation de mesures disciplinaires de l’université dans ce cas viendrait réprimander une étudiante pour avoir fait valoir son droit de libre expression garanti par une loi constitutionnelle pour motif de discrimination qui est interdit par une autre loi toute aussi constitutionnelle. Il reste à savoir comment l’université va réagir face à ces accusations.

 

Ce billet a été écrit par un étudiant ACLC-PBSC. Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l’ACLC ou PBSC.

 

 

About the Author

Gabriel Morin
Je viens de la région de Québec. Je suis actuellement en première année de droit civil à l’université d’Ottawa. Les libertés civiles sont un sujet important de notre actualité, laissez-moi vous faire savoir ce que j'en pense.