Cameroun: #BringBackOurInternet

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À l’heure actuelle, plus de 20% de la population camerounaise est privée de connexion Internet et ce, depuis le 17 janvier dernier. Les régions touchées sont celles où une majorité de la population est anglophone, soit le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays. Le rapporteur spécial de l’ONU sur la protection et la promotion du droit à la liberté d’expression, David Kaye*, implore les autorités camerounaises de rétablir les services Internet puisqu’il s’agit d’une entrave importante au droit à la liberté d’expression.

Deux langues officielles, le français et l’anglais, sont reconnues dans cet état ouest-africain. Toutefois, la population anglophone est historiquement victime de discrimination. En effet, plus marginalisés que les francophones, ceux qui naissent avec l’anglais comme langue maternelle sont exclus de postes haut placés dans la fonction publique. De plus, puisque la majorité des lois sont en français et que la procédure judiciaire se déroule également dans cette langue, ils ne jouissent que d’un accès très limité à la justice.

Bien qu’aucune explication officielle n’ait été donnée de la part des autorités quant à ce blocage Internet, c’est suite à un mouvement généralisé de protestations contre les politiques gouvernementales que la coupure du réseau est survenue. L’expert de l’ONU croit que ces circonstances rendent la privation de ce service encore plus inquiétante ; ce contexte politique requiert plutôt une protection accrue de la liberté de parole. La déclaration de l’expert corrobore donc l’hypothèse selon laquelle cette coupure s’agit dans les faits d’une tentative de taire le débat public. Toujours selon le rapporteur, les droits fondamentaux de ces Camerounais sont également bafoués puisqu’ils sont privés d’un accès aux services essentiels.

En outre, il ajoute qu’il ne fait aucun doute que cette situation viole le droit international. Dans une déclaration conjointe,  l’ONU et des experts régionaux dans le domaine de la liberté d’expression affirment qu’en vertu des droits de l’Homme, des coupures intentionnelles du réseau internet ne peuvent en aucun cas être justifiées. Puis, en 2016, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a adopté une résolution afin de condamner tout déni volontaire d’un accès Internet à la population par l’État ainsi que toute tentative de censure de l’information publiée en ligne.

Pour en savoir un peu plus sur la question : http://www.itwebafrica.com/network/479-cameroon/237396-internet-shutdown-in-cameroon-continues

Pour lire la déclaration de l’expert de l’ONU: http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21165&LangID=E

* Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants et ne sont pas rémunérés par l’ONU.

Cette publication a été écrite par une étudiante de la CCLA-PBSC RightsWatch. Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement les opinions de la CCLA ou la PBSC.