Le rapporteur des Nations Unies sur la torture est arrivé en Turquie

Nils Melzer, rapport spécial indépendant des Nations Unies sur la torture est arrivé aujourd’hui en Turquie, sur invitation du gouvernement Turc.

Durant cette mission de six jours, il visitera des commissariats de police, des prisons ainsi que des centres de détention provisoire. À l’issue de ces visites, il devra publier un rapport concernant la situation dans le pays et émettre des recommandations à destination du gouvernement d’Erdogan.

Depuis la tentative de coup d’état de juillet, plus de 125 000 personnes ont été limogées et 35 000 arrêtées. Des décrets adoptés par le gouvernement ont aussi entrainé la fermeture de 375 associations, neuf médias et 19 structures médicales privées.

Rappelons que l’état d’urgence est déclaré en Turquie depuis maintenant plus de 4 mois. Récemment, de nombreuses plaintes pour violation des droits de l’homme ont été déposées contre la Turquie à la Cour Européenne des Droits de l’Homme: 450 requêtes ont été reçues à la Cour durant la semaine du 1er Novembre!

Les organisations non-gouvernementales internationales et nationales avaient tiré la sonnette d’alarme en dénonçant, depuis le mois de juillet dernier, le traitement réservés aux prisonniers dans le pays. Amnistie internationale a même affirmé posséder des preuves tangibles de cas de torture et de viols, et a appelé le Comité européen pour la prévention de la torture à agir.

Le gouvernement Turc désire par la venue de ce rapporteur, faire la preuve sa bonne conduite, qu’elle revendique haut et fort en faisant miroiter l’argument de son désir d’entrer dans l’union européenne comme obstacle à toute violation des droits de l’homme. Il est vrai que la confirmation des allégations de torture dans le pays confirmerait les craintes de pays européens déjà réticents à son entrée dans l’union. D’autant plus que le sujet des droits de l’homme avait été pointé du doigt suite à l’annonce d’un projet de loi rétablissant la peine de mort par l’AKP, annoce à laquelle la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avait réagit en rappelant qu'”aucun pays ne peut adhérer à l’UE s’il introduit la peine de mort”.

This blog post was written by a CCLA-PBSC RightsWatch student. Views expressed do not necessarily reflect the view of the CCLA or PBSC.

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Perrine Lafrechoux
Présentement en troisième année de droit à l'Université de Montréal, Perrine a grandit dans différents pays d'Afrique et d'Asie ce qui lui a permit de développer une vision globale et comparée du droit. Elle se passionne aujourd'hui pour le droit international dont ses sujets de prédilection sont les droits de l'Homme ainsi que le droit de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).